F. BAYROU : LA REDUCTION DES DEFICITS
Par Pierre LECLERCQ le vendredi 20 janvier 2012, 15:35 - Lien permanent
Challenges:
Le président du Modem a dévoilé son projet économique, qui vise un
effort de réduction des déficits de 100 milliards d'euros en trois ans et
demi.
François Bayrou entend revenir à l'équilibre des finances publiques de la
France dès 2015 en réduisant le déficit de 10 milliards d'euros dès cette
année, puis de 30 milliards les trois suivantes.
Une hausse de deux points de la TVA et le gel de la dépense publique feront
partie de ses premières mesures, qui permettront selon lui d'éliminer le
déficit un an avant l'échéance prévue par le gouvernement et deux ans avant
celle visée par le PS.
Dans un entretien à paraître samedi 21 janvier dans Le Figaro Magazine, il
détaille le volet économique de son programme, dont il avait jusqu'à présenté
ébauché les grandes lignes.
"Réduire la dépense, équilibrer les recettes, voilà le seul chemin à
suivre", souligne le président du Modem en relativisant l'effort demandé aux
Français. "Je préfère des années d'efforts à des années de plaintes et de
lamentations", déclare-t-il, en assurant que cet effort collectif sera facilité
par le "climat d'union nationale" qu'il s'engage à instaurer en France s'il est
élu.
Un plan de mesures de 100 milliards sur trois ans et
demi
Le principe, déjà énoncé, est de combler le déficit public, évalué à 100
milliards d'euros par an, via 50 milliards d'économies sur les dépenses et 50
milliards de recettes nouvelles en trois années budgétaires et demie.
"Cet effort, je propose de le faire en quatre étapes. Après la
présidentielle de 2012, sur une demi-année, nous devrons réduire le déficit de
10 milliards, puis de 30 milliards chacune des années 2013, 2014 et
2015",
"Notre principe, précise-t-il, sera zéro progression de la dépense
publique".
"Si nous gelons à son niveau actuel la somme des dépenses de l'Etat, de la
Sécu, des collectivités locales, nous récupérerons mécaniquement, en raison de
l'inflation, quelque 25 milliards par an", estime François Bayrou. "Cela ne
veut pas dire bloquer tous les postes: les salaires ou les retraites doivent
respirer. Mais pendant deux ou trois ans, chaque fois qu'il y aura une
augmentation, il devra y avoir une réduction dans un autre chapitre pour que le
total n'augmente pas."
Moduler le non-remplacement d'un fonctionnaire sur
deux
La règle du "zéro progression" nécessitera des réformes de structure, selon le
dirigeant centriste, qui ne remet pas en cause le principe du non-remplacement
d'un fonctionnaire sur deux mais souhaite le moduler. "Cela ne peut pas se
faire à l'aveugle. Il y a des secteurs qui doivent être protégés: par exemple,
l'éducation. D'autres qui doivent être réorganisés. (...) Il ne faut pas
procéder de manière mécanique mais en posant les hiérarchies, en s'interrogeant
sur les missions de l'Etat", considère le troisième homme de 2007.
A titre d'exemple, l'ancien ministre de l'Education nationale juge que les
dépenses de la présidence de la République, estimées à 110 millions d'euros par
an, peuvent être réduites de 20%.
S'agissant des dépenses de santé, François Bayrou veut économiser 20
milliards d'euros en trois ans. "Cela demandera des efforts, mais là encore,
c'est faisable", avance le candidat, sans autre précision.
Une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu
Au chapitre recettes, François Bayrou souhaite refiscaliser les heures
supplémentaires et mettre en oeuvre "une augmentation modérée de la TVA" de
deux points.
Il rappelle deux propositions fiscales connues: porter la tranche de 41% de
l'impôt sur le revenu à 45% et créer une tranche à 50% pour les revenus
supérieurs à 250.000 euros par an. Le quotient familial serait
maintenu.
(Avec Reuters)