LA LAÏCITE C' EST QUOI ?
Par Pierre LECLERCQ le jeudi 16 décembre 2010, 09:19 - Lien permanent
« La laïcité est un idéal dont l’originalité est qu’il permet à tous,
croyant et athées, de vivre ensemble sans que les uns ou les autres soient
stigmatisés en raison de leurs convictions particulières. Sa raison consiste à
promouvoir ce qui est commun à tous les hommes, non à certains d’entre
eux. » de Pena RUIZ
La laïcité est une attitude ou une pratique qui rejette le dogmatisme comme
fondement des lois et des décisions publiques, ou exprimé autrement, la laïcité
procède de la séparation de la sphère publique et de la sphère privée, tant
dans les domaines religieux et idéologique que dans le domaine institutionnel
ou de celui de l’économie.
De ce point de vue, la laïcité est anticléricale (contre les cléricalismes
financiers, ethniques ou religieux) MAIS PAS ANTI RELIGIEUX.
La laïcité défend donc toutes les valeurs humaines et universelles en
permettant à chacun, croyant ou non, de vivre ses options dans la liberté de la
sphère affective et privée sans débordement sur l’espace de liberté de la
société publique et du concitoyen.
Les idéaux de justice incarnés par les principes de liberté, d’égalité et de
fraternité servent de base à la laïcité. Ils sont le patrimoine commun de
l’humanité.
Nous pouvons ajouter :
La liberté absolue de conscience.
La tolérance mutuelle.
Le respect d’autrui.
La morale laïque n’exclut aucune des nombreuses valeurs humanistes présentes
dans les religions, mais elle refuse tous les dogmes asservissant à une
croyance qui ne respecte pas la liberté de conscience de chacun.
Commentaires
Ce rappel est loin d'être inutile à une époque où la tendance générale est à la confusion des genres et au mélange de tout avec tout, soit par absence de réflexion, soit à dessein notamment chez les politicards.
Très bien !
Sauf que la laïcité n'est pas une valeur et n'obeït pas à une morale. Elle a une traduction concrète, matérielle, c'est donc d'abord un principe ; c'est une règle délibérée par tous qui s'applique également à tous, elle correspond donc à une ou plusieurs lois.
Vous pouvez en faire une valeur personnelle, répondant à la morale qui est la vôtre. Ca pourrait correspondre au fait de ne jamais faire état de vos convictions spirituelles en public. Mais, ça, personne ne vous y oblige. Heureusement, d'ailleurs car venant d'une "famille politique" qui se revendique parfois de la "démocratie chrétienne", ça vous poserait un sérieux problème.
La laïcité n'est pas une valeur morales ? Est-ce que la morale est une valeur d'aujourd'hui ?
Exemple:
l'état maintient dans ces textes de loi la "déclaration sur l'honneur". Monsieur, dites moi qui a encore le sens de l'honneur aujourd'hui, en France.
Est-ce qu'un principe a besoin d'une traduction concrète ? Certainement non.
Exemple:
Lénine pensait qu'il était utile de faire rêver les ouvriers à des "chateaux en Espagne" pour les maintenir dans les horribles peines que leur demandait le Parti de l'époque.
Dites moi combien d'ouvriers Staliniens sont morts du Stakhanovisme ?
Doit-on faire une valeur personnelle de la Laïcité ?
Certainement oui, si elle sert à contrer l'idée que l'Educatioin Nationale doit être confessionnelle dans dix ou 15 ans.
Faire état de ses convictions spirituelles en public ? En démocratie, oui.
Exemple :
L'opiniatreté avec laquelle les marchands du Temple sont en train de nous brader la France pour assoir leur enrichissement personnel, entraine chez moi un désaccord profond et j'ai encore le droit de le dire en France.
D'ailleurs vous parlez de spiritualité, de chrétienté mais de quelle spiritualité et chrétienté parlez-vous ?
-Tout rassemblement d'individus organisés en section peut partir à la guerre-
Alors que la Laïcité s'est toujours donné le temps de réfléchir et de proposer des solutions. C'est avec elle que les instituteurs de la République ont réussi à batir ce pays de valeurs auxquelles vous semblez vous attaquer allégrement.
Nous y voilà dans le mélange des genres !
La laïcité est effectivement un principe. La religion est une croyance. Encore faut-il les distinguer, sans les opposer sinon c'est l'impasse.
L'un et l'autre ne devraient poser aucun problème, si l'on sait parfaitement et clairement faire le distinguo entre un précepte civique et une conviction religieuse, tout en les respectant chacun dans leur domaine.
Quant à la morale, que vient-elle faire dans un tel débat ? D'ailleurs qu'est-ce que la morale ? (grand sujet philosophique). Inutile complication, pas besoin de s'y attarder.
L'éradication de la pensée unique passe par une nécessaire réflexion débarrassée du classicisme intellectuel politico-religieux imprégné de doctrine et donc d'exclusion. Le manichéisme absurde contraint par le cerveau partagé en deux hémisphères.
Ne peut-on évoquer de religion – toutes les religions - d'une part, et la laïcité d'autre part, sans a priori, sans idée préconçue, sans tabou, en délavant l'esprit de tout dogme qu'il soit laïque ou religieux ? Pourtant, le texte initial s'y employait fort bien. Impossible pour certains, il n'y a que deux lobes dans le cerveau humain. Pourtant, c'est simple, il suffit d'être pragmatique et tolérant. Il n'est même pas nécessaire d'en passer par « un long, profond et raisonné dérèglement de tous les sens » préconisé par le Voyant. Tout Ardennais se devrait de méditer cette citation.
Quant au procès d'intention à la démocratie-chrétienne, très terre à terre et réducteur au possible, certes, des militants du MoDem y puisent leurs racines, mais il en est beaucoup issus d'autres horizons différents et des plus divers. Le plus extraordinaire, c'est que tous se retrouvent dans une véritable liberté de pensée, sans limite et sans les contraintes d'une mémoire collective obsolète et dépassée. L'esprit libre, ils débattent sereinement pour trouver des solutions acceptables par tous, aux problèmes de notre temps.
Soyons tolérants, pensons autrement que diable ! Mais au fait, qui est dieu, qui est diable ? Ni la laïcité bien pensée, ni les religions ouvertes ; c'est ailleurs qu'il faut chercher ! Toujours cet insupportable manichéisme!
Monsieur Leclerq,
Je ne sais pas qui a le sens de l'honneur en France, c'est d'ailleurs une question purement rhétorique. Je sais en revanche qu'une déclaration sur l'honneur est un acte juridique sanctionné par l'article 441-7 du code pénal. Dans le cas que vous évoquez, on a bien affaire à un principe. Car oui, en plus d'être débattu collectivement, un principe implique une traduction concrète. Vérifiable matériellement. Le principe, éthymologiquement, c'est une "cause première". Cette notion de cause première n'est pas présente dans l'idée de valeur. C'est l'un des deux critères qui l'en distingue.
Je ne vois pas le rapport de notre discussion avec Staline et le Stakhanovisme et je ne comprend pas sur quoi vous vous fondez pour m'accuser de m'en prendre aux "valeurs de ce pays".
Quelles valeurs au fait ? Je vous trouve un brin hystérique dans votre réponse.
Opapou en revanche, je souscrit d'un bout à l'autre à ce que vous dites. Sauf que je ne vois pas où est le procès d'intention. Ca ne me pose aucun problème qu'une famille politique se revendique souvent de la démocratie chrétienne. Je ne partage pas ces valeurs. Mais heureusement, comme vous l'avez très bien dit, être laïc, ça consiste d'abord à ne pas tout mélanger ; en effet, la morale n'a rien à faire dans un tel débat. Je ne disais rien d'autre dans mon premier post.
Le terrain d'entente qui peut rassembler tous les Républicains, celui qui sera respectueux des convictions de chacun, c'est celui qui justement sera fondé sur des principes, laissant la morale dans la sphère intime.
Se focaliser sur un mot, à savoir « la morale » qui ne figure d’ailleurs qu’une seule fois dans le texte initial et qui plus est dans un sens second, celui de la leçon, de l’enseignement que l’on peut tirer de la laïcité, je ne pense pas qu’il était nécessaire de lui accorder autant d’importance. C'est peut-êtte aussi un peu cela le sens de l'honneur.
Quant à laisser entendre que Monsieur Lecelerc pourrait éventuellement faire état en public de ses convictions spirituelles que je ne connais d’ailleurs pas, si cela n’est pas un procès d’intention, les mots n’ont plus de sens.