Lorsque la responsabilité citoyenne se dilue dans l’exigence toujours immédiate de droits considérés comme toujours acquis, parce que les morales du devoir semblent désuètes ;

Lorsque la liberté apparente du citoyen devient un fantôme de liberté, celle du consommateur, celle du zappeur, celle du payeur ;

Lorsque la communauté se fragmente en communautarismes fondés sur les références les plus diverses, en « tribus », en « clans » ;

Lorsque les dynamiques républicaines s’époumonent dans des incantations rituelles convaincues, mais qui sont plus de l’ordre du spectacle que de l’adhésion réelle ;

Quand on préfère voter, en payant, pour une émission de télévision plutôt que de voter, gratuitement, dans les urnes de la république ;

Quand des députés votent une loi sur la présomption d’innocence, (Loi Guigou), mais s’érigent en justiciers en accusant ensuite, lorsqu’ils ne gouvernent plus, un ministre et cela sans la moindre preuve. A quoi et à qui sert cette loi ? D’abord à ceux qui l’on créée ?

Quand l’assoupissement, l’incuriosité, le mépris pour celui qui n’a pas les mêmes idées, la passivité du citoyen face à des comportements qui mettent en danger la République ;
Que reste-t-il ? Un ciment qui s’effrite ? Un ciment qui tient nos valeurs, rongé par les individualismes de toutes sortes ?

Quand un parti met en doute, avec le plus grand mépris, l’indépendance des hauts fonctionnaires à travers un rapport de l'Inspection générale des finances, qui a finalement blanchi le ministre Mr Eric Woerth, alors que le président de la commission des finances de l’assemblée nationale est le socialiste Mr Jérôme Cahuzac.
Lorsque l’on sait que ce Monsieur peut vérifier tous les documents et que malgré cela on accuse encore, en affirmant que cela relève de la justice. Que reste-t-il dans cette morne plaine ? Des ressemblances avec d’anciennes affaires ? Un acharnement diabolique ?
En 1789, les dirigeants de gauche se seraient pressés de conduire à l’échafaud notre ministre. Aujourd’hui c’est une autre façon de vouloir sa tête.

Une question : quels qualificatifs les élus de l’opposition emploient-ils pour les dirigeants d’autres pays, qui ont fait passer l’âge de départ en retraite à 67 ans pour l’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne et même 68 pour le Royaume-Uni ?
Heureusement, il reste encore aujourd’hui, des citoyens qui rêvent d’une société dont les élus d'opposition, auraient un autre comportement, vertueux, sans acharnement sur autrui.
Ce n’est pas encore pour demain. Pour beaucoup, être dans l’opposition c’est s’opposer à tout et à tous.