LA PERTE DES VALEURS
Par Pierre LECLERCQ le mardi 13 juillet 2010, 09:56 - Lien permanent
Lorsque la responsabilité citoyenne se dilue dans l’exigence toujours
immédiate de droits considérés comme toujours acquis, parce que les morales du
devoir semblent désuètes ;
Lorsque la liberté apparente du citoyen devient un fantôme de liberté, celle
du consommateur, celle du zappeur, celle du payeur ;
Lorsque la communauté se fragmente en communautarismes fondés sur les
références les plus diverses, en « tribus », en « clans »
;
Lorsque les dynamiques républicaines s’époumonent dans des incantations
rituelles convaincues, mais qui sont plus de l’ordre du spectacle que de
l’adhésion réelle ;
Quand on préfère voter, en payant, pour une émission de télévision plutôt
que de voter, gratuitement, dans les urnes de la république ;
Quand des députés votent une loi sur la présomption d’innocence, (Loi
Guigou), mais s’érigent en justiciers en accusant ensuite, lorsqu’ils ne
gouvernent plus, un ministre et cela sans la moindre preuve. A quoi et à qui
sert cette loi ? D’abord à ceux qui l’on créée ?
Quand l’assoupissement, l’incuriosité, le mépris pour celui qui n’a pas les
mêmes idées, la passivité du citoyen face à des comportements qui mettent en
danger la République ;
Que reste-t-il ? Un ciment qui s’effrite ? Un ciment qui tient nos
valeurs, rongé par les individualismes de toutes sortes ?
Quand un parti met en doute, avec le plus grand mépris, l’indépendance des
hauts fonctionnaires à travers un rapport de l'Inspection générale des
finances, qui a finalement blanchi le ministre Mr Eric Woerth, alors que le
président de la commission des finances de l’assemblée nationale est le
socialiste Mr Jérôme Cahuzac.
Lorsque l’on sait que ce Monsieur peut vérifier tous les documents et que
malgré cela on accuse encore, en affirmant que cela relève de la justice. Que
reste-t-il dans cette morne plaine ? Des ressemblances avec d’anciennes
affaires ? Un acharnement diabolique ?
En 1789, les dirigeants de gauche se seraient pressés de conduire à l’échafaud
notre ministre. Aujourd’hui c’est une autre façon de vouloir sa tête.
Une question : quels qualificatifs les élus de l’opposition
emploient-ils pour les dirigeants d’autres pays, qui ont fait passer l’âge de
départ en retraite à 67 ans pour l’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne et même
68 pour le Royaume-Uni ?
Heureusement, il reste encore aujourd’hui, des citoyens qui rêvent d’une
société dont les élus d'opposition, auraient un autre comportement, vertueux,
sans acharnement sur autrui.
Ce n’est pas encore pour demain. Pour beaucoup, être dans l’opposition c’est
s’opposer à tout et à tous.
Commentaires
Effectivement, à mon humble avis, Eric Woerth n'a sans doute commis aucune illégalité comme il le déclare. Cependant, il faut savoir que le respect de la légalité permet néanmoins des activités que la morale réprouve. C'est toute la différence entre la légalité et la légitimité.
Quoi qu'il en soit, lorsque l'on occupe de hautes fonctions étatiques, il ne faut pas être naïf et il ne suffit pas d'être honnête ; il faut également être capable d'apprécier les positions moralement contestables et de les éviter. En clair, il faut être inattaquable. De ce point de vue, si l'on ne dispose pas de cette aptitude, on n'a pas sa place en tant que ministre ; être par ailleurs trésorier d'un parti politique importe peu, cela ne relève que de la diversion.
La vraie question c'est : y a-t-il encore de la sincérité et de la morale en politique ? Ma réponse personnelle est contenue dans la question.