RIEN DE CHANGE
Par Pierre LECLERCQ le dimanche 11 juillet 2010, 07:37 - Lien permanent
Extrait d'une conversation entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV, de la pièce de théatre "Le diable rouge", écrite par Antoine Rault et mise en scène par Christophe Lidon.
Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…
Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c’est impossible.
Colbert : Alors, les riches ?
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C’est un réservoir inépuisable.
Extrait superbe et terriblement d'actualité. Il faut juste traverser 4 siècles mais effectivement rien n'a changé dans ce monde ...
Commentaires
Effectivement rien ne change !
Il n'est d'ailleurs pas surprenant que les expériences de l'Histoire ne servent quasiment à rien. En effet, on constate cela presque quotidiennement dans tous les domaines et sur tous les sujets.
C'est pourquoi, le "devoir de mémoire" ne doit pas se limiter aux événements et aux drames des périodes de conflits si graves et dangereux soient-ils.
C'est aussi la raison pour laquelle, il faut inciter les jeunes à s'intéresser à l'Histoire en général et à l'Histoire de France en particulier, tout en développant leurs facultés d'analyse afin d'exacerber leur esprit critique, de tirer les leçons qui s'imposent et surtout de les appliquer.