COMMENT LA VIOLENCE PEUT MONTER ??
Par Pierre LECLERCQ le samedi 20 février 2010, 19:16 - Lien permanent
La violence peut monter après le choix d'engager une procédure judiciaire
pour non paiement de loyer pour une somme INFERIEURE au montant d'un loyer
mensuel. Et seulement au bout de 45 jours de retard. Cette pratique, appliquée
à ceux qui ont perdu leur emploi, peut concerner beaucoup de monde dans nos
Ardennes, et c'est valable aussi pour les retraités qui ont de faibles
ressources alors qu'un arrangement amiable est toujours possible.
EXEMPLE:


L'huissier ne fait que son travail, sur commande de l'organisme.
Dans le cas présent, la famille quitte le logement social pour le milieu
privé.
Elle est dans l'obligation de payer une caution pour le nouveau logement et ne
peut pas, en même temps régler le dernier montant du à l'organisme.
Celui-ci, après un courrier recommandé resté sans effet, fait assigner la
famille devant la tribunal d'instance pour comparaitre le 12 avril à 9 heures
pour une somme de 389,57 euros en principal + 200 euros de frais au titre de
l'article 700 du nouveau code de procédure + le coût de l'acte : 41,11
euros et nous arrivons à 630, 68 euros. La famille était locataire depuis plus
de 20 ans avec des paiements réguliers.
En politique on s'occupe de l'intérêt général et certainement pas des
intérêts particuliers m'ont toujours expliqué nos élus mais ce comportement,
qui est le même pour des quantités de familles, donc général, devrait nous
alerter.
Humainement, il aurait été concevable de rencontrer la famille et de faire
signer un arrangement amiable de paiement sur 3 mois, (par exemple), pour
éviter d'ajouter des frais d'huissier.
Alors, me direz-vous, que vient faire la montée de la violence dans cette
politique légale de récupération des loyers sur des familles en situation
financière difficile ??
C'est simple, il ne faut pas s'étonner de retrouver des dégradations dans les
entrées d'immeubles. Et il y aura toujours une minorité de jeunes, (j'insiste
sur le terme minorité), qui ne supporteront jamais la perte d'emploi du père,
les problèmes de discrimination pour obtenir un stage ou leur premier emploi,
tout cela accompagné de la précipitation d'un organisme pour récupérer des
loyers. Et nous connaissons le taux de chômage qui existe dans nos quartiers
que certains qualifient de difficiles. Ne nous étonnons pas de constater le
départ de nos habitants vers d'autres départements.
Je reconnais que la violence ce n'est pas que cela. C'est un ensemble dans lequel l'indifférence d'un organisme apporte une contribution. (il ne faut pas se méprendre, je ne donne pas d'excuses à des comportements agressifs de dégradation de halls d'entrée, il existe d'autres procédés pour ce faire entendre).
Le personnel d'un organisme étant intéressé au résultat de l'entreprise, il est évident que les moyens judiciaires les plus rapides sont bons pour faire rentrer très vite les loyers.
Commentaires
Rien à ajouter, si ce n'est que ce ne sont pas nécessairement les "jeunes" qui se livrent à des dégradations dans nos immeubles.
Si, quand même, il existe des médiateurs, notamment les représentants élus des locataires au Conseil d'Administration des bailleurs sociaux, des associations de locataires, qui dans l'indifférence générale peuvent mettre de l'huile dans les rouages.
Bonjour Tom.
Pour les médiateurs, je suis de votre avis mais beaucoup ne savent plus qu'ils existent, ou ils ont oublié, les ont-ils connus ? De plus, à une époque, les représentants des locataires étaient aussi employés par l'organisme. Quant aux associations de défense des locataires, (lorsqu'elles existent), seul le livret regroupant les associations diverses renseigne les citoyens.
C'est la ville qui l'a créé, et il est, à ma connaissance, à l'accueil de nos Mairie. Il a été distribué en boite à lettres et c'est une bonne initiative, mais ce document est oublié ou détruit.
Il est plus facile de me rencontrer. Cela ne me gêne aucunement.
Compte-tenu de mon expérience, il est vrai qu'une minorité de jeunes se sont souvent réunis dans les entrées ou les cages d'escalier, et pas toujours dans celles où ils habitent. Alors qui d'autre ferait des dégradations volontaires ??
Dans l'affaire citée, c'est le juge qui décidera de l'opportunité d'une telle démarche et si des frais doivent être facturés compte-tenu d'un possible règlement d'une partie de la somme due avant avril.
Mais il faut imaginer ce que pourrait ressentir un employé d'une société métallurgique qui apprend le dépôt de bilan, (et il y en a eu des quantités dans nos Ardennes qui se sont trouvés dans cette situation), et qui se verrait au chômage et assigné au tribunal pour 380 euros de loyer et 300 de frais.