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Porté-Puymorens vivra cet hiver. Malgré un déficit financier hérité du passé et après avoir frôlé la liquidation pure et simple à l'orée de l'automne, la station de la vallée du Carol ouvrira dès que le temps sera suffisamment froid pour que les canons à neige puissent tonner et fabriquer les flocons. Ce pur miracle budgétaire est généré par les élus de la Communauté de communes de Cerdagne-Pyrénées qui abandonnent leurs indemnités pour contracter un emprunt de 120 000€.

Le sacrifice n'est pas anodin même si ces indemnités, à l'origine, étaient déjà modestes : 500 € par mois, 6 000 € pour l'année ce qui représente déjà une somme dans un budget familial de retraité ou de professeur de lycée.

« Sur cinq ans, le sacrifice atteint les 30 000 €. Mais c'était la seule solution pour sauver cent dix-sept emplois dans la vallée du Carol. Les vice-présidents ont joué le jeu, y compris d'ailleurs ceux qui sont élus d'autres stations comme Jean-Louis Demelin, le maire de Font-Romeu », explique Marcel Peytavi, maire de Latour-de-Carol qui fait partie des sept ' facilitateurs'».

« Chez nous, il n'y a pas de chasseur d'indemnités chez les élus. Ils œuvrent pour le bien de tous. C'est fondamental », ajoute Georges Armengol, président de la Communauté qui avait déjà raclé les fonds de caisse pour trouver 200 000 €. Dans le même mouvement de solidarité, le syndicat de la vallée du Carol avait pris en charge la gestion de la nouvelle régie et apporté 320 000 € cependant que la mairie de Porté supportait le poids de la dette du passé : 2,8 millions d'euros. L'hiver dernier, le grand paradis blanc de Porté-Puymorens avait rapporté 1 380 000 € de recettes pour 115 000 journées-skieur. De quoi faire vivre économiquement cette vallée encaissée qui s'étire entre Cerdagne, Ariège et Andorre.

Le renoncement indemnitaire qui vaut leçon de solidarité territoriale, aura été décisif dans le sauvetage de la station, et exemplaire, le geste de ces élus.

SE MOBILISER DANS UN MOUVEMENT SOLIDAIRE, FAIRE UN DEFILE, ELEVER UNE PROTESTATION, TOUT CELA EST BIEN MAIS SAUVER 117 EMPLOIS EN RENONCANT A DES INDEMNITES PENDANT 5 ANS, JE SUIS ADMIRATIF. JE PEUX L'ÊTRE, LORSQUE JE COMPARE A CERTAINES VILLES.

Quand on est élu, on est au service d'un territoire plutôt qu'au service d'une démarche affairiste.