De Libération Champagne :

LUC_CHATEL.jpg Un élu a relevé que Mr Luc Chatel ne siège plus à la région depuis qu'il est devenu ministre. Mais il continue de toucher 1500 euros nets par mois.

Le conseil régional de Champagne-Ardenne ne parlait hier plus que de cela. De ce qui est devenu l'affaire Chatel.

Lundi lors de la première journée de la session consacrée à l'examen du budget, Mr Jacques Jeanteur a soulevé un lièvre. Cet élu du MoDem a pointé du doigt les élus que l'on voit rarement en séance. Et parmi les noms qu'il a cités figure celui de Mr Luc Chatel (UMP) « qui n'est pas là depuis trois ans », a-t-il déploré. Ministre de l'Éducation, porte-parole du gouvernement et maire de Chaumont ne participe plus aux séances du conseil général depuis il est entré au gouvernement.

Mr Jacques Jeanteur, qui a été vice-président du conseil régional sous la précédente mandature, a alors posé cette question : « pourquoi rémunère-t-on des gens qui ne sont pas là ? ».

Mr Luc Chatel perçoit, comme conseiller régional, une indemnité brute mensuelle de 1 870,63 euros. Soit environ 1 500 euros nets, précisent les élus qui, la veille, ne savaient plus très bien si ces 1 500 euros étaient bruts ou nets.
Au départ, Mr Luc Chatel touchait une somme plus importante car il siégeait à la commission permanente. Son indemnité avait été alors majorée de 10 %. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il a laissé sa place, au sein de la commission permanente, à Mme Pascale Krebs une Haut Marnaise membre de l'UMP comme lui. En revanche, il n'a pas démissionné de son mandat de conseiller régional.
« Comme il n'a pas démissionné, je n'ai aucun moyen légal de lui supprimer son indemnité », déclare Mr Jean-Paul Bachy, le président (divers gauche) du conseil régional.

Mr Luc Chatel a choisi, en plus, de toucher à plein son indemnité de conseiller régional alors qu'il aurait pu en faire cadeau à la région.

Lorsqu'un élu cumule plusieurs fonctions importantes, il ne peut pas toucher la totalité de ses indemnités. Il est, comme on dit, « écrêté ». C'est le cas de Mr Luc Chatel. Mais l'élu est libre de choisir la collectivité où il abandonne ses indemnités. Le ministre de l'Éducation a choisi d'être écrêté comme maire de Chaumont. De ce fait, la région continue de lui verser l'intégralité de son indemnité.

Président du groupe UMP au conseil régional, Mr Jean-Claude Étienne a pris hier la défense de Mr Luc Chatel. « C'est moi qui lui ai demandé de rester », déclare l'ancien président de l'exécutif. « C'est un ministre qui aime sa région, qui a été conseiller régional pendant deux mandats. Toutes les semaines, j'ai des échanges avec lui. On ne va pas se couper de lui », estime-t-il.

L'élu qui a soulevé le lièvre ne partage pas du tout cette analyse. « Moralement, c'est scandaleux. Il n'est pas normal qu'un homme politique ne siège pas dans l'assemblée pour laquelle il a été élu », déclare Mr Jacques Jeanteur. Que ce soit Mr Luc Chatel ou un autre.

« Je comprends, déclare l'Ardennais, qu'il ne peut pas tout faire, être ministre et passer deux jours en session au conseil régional pour le budget. Mais dans ce cas il démissionne et il laisse la place à quelqu'un d'autre. » Ce qu'a déclaré aussi Mr Jean-Paul Bachy. « Soit on siège, soit on laisse sa place à des gens qui disposent du temps nécessaire », a-t-il dit.