EXPLOITER LES CREATEURS EN TELECHARGEANT ILLEGALEMENT LEURS OEUVRES
Par Pierre LECLERCQ le mardi 14 avril 2009, 14:27 - Lien permanent

Pour beaucoup, et surtout pour cette gauche permissive, quel bonheur
de pouvoir exploiter ceux qui se disent artistes, en possédant gratuitement
leurs œuvres.
Et surtout, pourvu que cela dure, au nom de la liberté de circulation sur
internet.
La loi Hadopi c'est : Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la
protection des droits sur Internet.
Sur la forme cette loi n'apparait pas correctement rédigée. Elle posera des
problèmes techniques d'application mais sur le fond un texte doit pouvoir être
présenté, pour éviter l'exploitation du travail d'autrui.
Pour mon fils, qui est musicien créateur et interprète dans un groupe
anglais de la scène internationale, (pour d'autre aussi, évidemment), je
n'admets pas que l'on puisse laisser faire ce genre de comportement.
Le Parlement Européen a "invité la Commission et les Etats membres à éviter
de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques
et les droits de l'homme et avec les principes de proportionnalité,
d'efficacité et de dissuasion, telles que l'interruption de l'accès à
l'Internet."
C'est cette mesure de suspension de l'accès à Internet qui concentre les critiques du texte. Les opposants jugent cette mesure "disproportionnée", car elle impliquerait une "mort sociale électronique du voleur." (plus d'accès à la messagerie, à la culture, plus de téléphone en cas d'urgence)
Eh bien pour ne pas avoir cette mort sociale électronique, on s'abstient de voler le travail des créateurs, surtout après réception d'un mails d'avertissement, et ensuite d'une lettre recommandée en cas de récidive.
MAIS, d'un coté nous avons X millions d'internautes, découvreurs de talents et avides de nouveaux tubes gratuits. De l'autre nous avons quelques milliers de créateurs, dont certains ont déjà de quoi vivre jusqu'a la fin de leurs jours et qui sont, de ce fait, contre une loi anti-piratage.
C'est là toute la question: comment ne pas perdre les X millions d'électeur qui nous sont favorable, et supprimer cette exploitation des quelques milliers de créateurs ??
Et bien certains, au nom des grandes valeurs fraternelles et solidaires ont choisi: ils ont décidé de soutenir les X millions d'électeurs avides de tubes gratuits. BRAVO !!
Commentaires
Vu sur un blog : le développement massif des échanges libres sur internet est également remis en cause par la droite : le projet HADOPI -visant à "punir" les internautes, relève -lui aussi, d'une tentative de baillonner l'information critique !
Pirater des créations et perdre l'accès à Internet, c'est perdre la transmission d'une information critique de la musique ? C'est aussi ne plus pouvoir critiquer des informations autres qu'artistiques ?
En primaire, souvent, à la question de l'instit : AVEZ-VOUS COMPRIS ???
je répondais, histoire de rigoler: AAAAAAAHHH.......(balancement de la tête de bas en haut)......................................EEEEEEEEHHHH..(arret du balancement)............................................NON!!
Je vais donc faire un essai d'interprétation: la protection des créateurs contre le piratage serait mise en place pour éviter les échanges libres sur des questions importantes et politiques de Société !!
En fait, pour la gauche, la culture appartient à tout le monde, et elle doit être gratuite et tant pis pour les créateurs. Ils n'avaient qu'à choisir un autre métier.
Et bien vous avez raison de défendre les artistes, ceux qui essaient de nous faire oublier le triste comportement de nombreux politiques qui veulent nous faire croire qu'ils défendent la veuve et l'orphelin.
Le député socialiste Jack Lang, qui ne craint pas de se démarquer de ses collègues de l'Assemblée, a fait savoir jeudi qu'il voterait en faveur du projet de loi Création et internet. "Sur la loi internet, je m'exprimerai pour le texte, contrairement aux autres députés socialistes", a-t-il déclaré, interrogé au téléphone par l'Associated Press.
L'ancien ministre de la Culture est depuis longtemps un défenseur du texte, qui permettra selon lui de défendre le droit d'auteur contre le piratage des oeuvres sur internet. Le groupe socialiste s'est lui opposé à un projet de loi qualifié par le député Christian Paul de "dangereux et terriblement inefficace".
Une loi par an. Une loi d'opportunité de plus.
Déjà avec la loi DADVSI, on nous promettait de "sauver les artistes" à l'évidence, ça ne marche pas puisqu'il en faut une seconde couche. HADOPI ne permettra pas plus le financement de la culture ; elle ne sauvera même pas les maisons de disque (qui ne se portent pas si mal en réalité). En revanche, cette loi constitue un dangereux précédent du point de vue des libertés publiques.
Ce qui pose problème, ce n'est pas la suspension de l'abonnement d'un contrevenant à la loi. Ce qui pose problème, c'est que cette sanction est décidée selon une procédure qui n'est pas contradictoire, par une autorité indépendante qui n'est pas constituée de juges confrontés à un avocat.
Une punition sans jugement, et une punition collective frappant dans un foyer aussi bien ceux qui contreviennent à la loi comme mon colocataire, que ceux qui restent scrupuleusement honnêtes, c'est mon cas. voilà ce qu'est Hadopi : arbitraire, injustice et inefficacité.
Mais revenons-en au fond du problème. Préalable : la droite n'en a rien à faire des artistes. Si c'était le cas, elle n'aurait pas archi-précarisé le régime des intermittents du spectacle.
Hadopi ne va pas marcher. Les pirates vont continuer à pirater, les artistes vont continuer à se paupériser.
La gauche n'est pas favorable à la gratuité. C'est bien plus confortable de le penser, mais ça n'en est pas moins mensonger.
La gauche est favorable à une licence créative, autrement dit un droit acquitté avec chaque abonnement haut débit et réparti selon une clé permettant à la fois la rémunération des artistes professionnels reconnus, le développement de la création et des artistes émergeants et les développeurs de dispositifs de diffusion innovants du son, de l'image, du texte.
Monsieur Leclercq, votre parti a pris des positions très justes en faveur du logiciel libre. La licence créative est directement inspirée de cette philosophie. Usager d'un système d'exploitation Linux (Mandriva) et de logiciels libres, je ne tolèrerai pas que l'on installe dans mon ordinateur un mouchard électronique que je ne maîtrise pas, sous licence propriétaire, chargé d'informer des entreprises sur ce qui se trouve sur mon disque dur.
Au contraire, la Licence créative donnerait une formidable impulsion à des centaines de PME et de communautés du Libre, notamment Françaises, qui ont acquis une expertise et des compétences d'ampleur mondiale. C'est l'avenir de l'économie de la connaissance pour notre pays que l'UMP est en train de condamner.
Bonsoir Tom Je suis d'accord avec vous sur les libertés publiques, sur la punition collective anormale dans un foyer ou il n'y a qu'un ordinateur et nous ne sommes pas toujours derrière l'autre utilisateur pour le rappeler à l'ordre. Exact aussi pour les maisons de disques et le management. Vrai aussi pour le régime des intermitents.
Là ou je suis pas totalement d'accord c'est avec un droit acquitté lors de chaque abonnement car les internautes qui se fichent des créations réglerons aussi cette redevance Je fus habitué par le passé à acheter des disques est à ne pas les faire payer par d'autres.
Avec cette licence c'est tous les internautes qui réglerons sans avoir éventuellement de musique à copier. (ou alors j'ai pas compris, il est vrai que je m'intéresse à ce problème depuis quelques jours). Je suis aussi pour l'utilisation gratuite des logiciels libres. et je ne voudrais pas avoir un mouchard dans mon micro.
Mais il faudra bien arriver à quelque chose de correct et si la gauche y parvient, j'applaudirai
Bonsoir
Une petite précision. Un logiciel libre n'est pas nécessairement gratuit. J'ai payé la distribution Mandriva que j'utilise au travail (49 €, contre plus de 400 €, pack office compris, si vous voulez acheter Windows).
Ce que j'achète avec ces 49 €, c'est l'assistance technique, et quelques licences et surtout, je soutien le projet. Et croyez moi, il faut que le projet soit vraiment essentiel pour qu'un homme de gauche comme moi verse une sorte de cotisation volontaire à une société cotée en bourse. Il existe aussi une version gratuite, bien sûr.
Très respectueusement, vous vous êtes habitué par le passé à une illusion (fétichisme de la marchandise ?). Les disques que vous avez acheté, d'autres les ont payés en partie.
Je viens de racheter la 7ème de Beethoven par le Philarmonique de Berlin. Le deuxième mouvement est une pure merveille. http://www.dailymotion.com/video/x8...
Le philarmonique de Berlin est un pur produit de la politique culturelle Allemande, financé entre autre sur deniers publics, et sur levée de fonds privés (Un peu comme ma contribution à Mandriva).
Quand votre fils vient faire un concert en France ou enregistrer un album studio, il trouve des roadies, des techniciens, des salles pour se produire qui sont financées par la collectivité.
Tous les internautes, même vous, dès lors qu'ils utilisent le haut débit "piratent" ou utilisent des œuvres piratées. Est-ce que vous êtes sûr d'avoir les droits de diffusion de la caricature qui illustre votre billet sur "le mépris des dirigeants d'entreprise" ? La loupe du formulaire de recherche dotclear de votre blog ressemble drôlement à celle de Microsoft xp. Le "gong" qui conclue les retraits de billets au distributeur automatique de la BNP en haut du cours Briand, c'est une virgule sonore des systèmes d'exploitation d'Apple. Le DAB de la BNP n'est pas il me semble, sous l'OS d'Apple. Je crois donc que Diebold, la société qui a fourni ces machines accessibles aux non voyants, a volé la firme à la pomme. Tout simplement.
Un monde où on ne paye que ce qu'on utilise, à une époque où la plupart des services sont dématérialisés, c'est une impossibilité. Par construction. On va donc devoir passer par des solutions socialisées, de plus en plus.