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En France

Thierry Morin, le PDG de Valeo a été débarqué moyennant la modique somme de 3,2 millions d’euros. Deux ans de son salaire (1,6 millions d’euros en 2008). L’Etat à travers le FSI a donné 19 millions d’euros à ce sous traitant automobile en crise. L’argent du contribuable sert donc non pas à sauver des emplois (1.600 suppressions de postes annoncées) en période de crise, mais à garantir l’avenir de Thierry Morin.

Un peu avant, mais après l’affaire Kerviel, la Société Générale est surprise la main dans ses coffres, en train de verser pour 320.000 euros de stock option à ses quatre dirigeants, dont Daniel Bouton le PDG. Ce dernier touchera une retraite de près d’un million d’euros, à son départ de la SG.
Cette banque a déjà reçu 1.7 milliards de la part de l’Etat.

Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole qui a reçu 3 milliards de l’Etat, verse elle aussi 51 millions d’euros de primes aux cadres, partie variable du salaire qui récompense «des résultats satisfaisants». D'un autre côté l’entreprise licencie 75 personnes, à travers un plan de restructuration visant à économiser...32 millions d’euros.

Natixis, la banque d’affaire qui a perdu 2.8 milliards d’euros en 2008 et qui a précipité la fusion de l’Ecureuil et de la Banque populaire, sous l’égide de l’Etat, verse 70 millions d’euros de bonus à ses traders.

Tous ces chiffres sont dérisoires et bien petits lorsque l'on regarde aux Etats-Unis ce qui s'y passe.

Rick Wagoner, le PDG de Général Motors débarqué par Washington, quitte aujourd'hui une société en chute libre. Il emporte au passage 20 millions de dollars. Il affirme que ce chiffre correspond à sa seule retraite et à des bonus accumulés en 32 ans au service de GM.

AIG, le colosse au pied d’argile de l’assurance aux Etats-Unis, renfloué à hauteur de 170 milliards de dollars par l’Etat américain avait démarré les hostilités deux semaines auparavant. L'assureur avait versé 165 millions de primes à ses cadres.

Deux points communs entre toutes ces primes, retraites et parachutes:

Premièrement, toutes ces entreprises ont reçu une aide de l'Etat d'une façon ou d'une autre.
Deuxièmement, toutes ces pratiques sont globalement légales.

De plus, la plupart de ces cadeaux respectent des contrats. En refusant de verser ces sommes, ces entreprises pourraient se retrouver aux prud’hommes.
Le décret qui vient de paraitre n'a pas d'effet rétroactif sur des contrats antérieurs.

Le seul moyen de récupérer cet argent est la pression populaire ou politique qui contraint les intéressés à rendre l’argent (Société Générale, AIG). Le décret paru aujourd'hui, par ailleurs déjà dénoncé comme insuffisant, veut mettre fin à ces pratiques. La crise aura peut-être au moins permis de pointer du doigt des pratiques inacceptables, même en période de croissance.

N'oublions pas que ces pratiques méprisables en temps de crise ont cours pour une très faible minorité de très importantes sociétés, n'ayant rien à voir avec les dirigeants de nos PME.