De Mr Jacques JEANTEUR Conseiller régional MODEM

Les semaines de crise se succèdent et on se demande s’il y a encore une boussole pour nous donner le Nord.
Chaque pays joue son joker sans se soucier des effets sur les autres pays. Les milliards coulent à flot, mais ils créent eux-mêmes une nouvelle bulle de dettes qui risque d’exploser, comme ont explosé les bulles financières et immobilières.
Dans cette situation totalement irrationnelle tout est remis en cause. Toute la presse témoigne de cette absence de boussole. « Le Point » titre en parlant de notre Président : « Est-il dépassé? les chiffres qui font peur à l’Elysée ; ce qu’il gamberge. » De son côté « Le Nouvel Observateur » titre : « Le système Sarkozy : copinage, pantouflage, fait du prince : ce que révèle l’affaire Pérol. » Marianne titrait : « L’Etat du prince »

Ce qui s’est passé en Guadeloupe témoigne bien de cette absence totale de boussole. Barack Obama, lui, fait le pari d’une prospérité durable et partagée. Plan de relance, réforme de l’assurance-santé, meilleure éducation, énergie propre… Tous ses discours laissent percer une véritable vision pour l’Amérique. Nous cherchons vainement une telle vision pour la France. Même au sein de l’UMP les dents grincent. Alain Juppé vient de déclarer : « Aujourd’hui, on ne peut pas dire une phrase sans prononcer le mot réforme. Finalement Giscard avait trouvé la formule : le changement dans la continuité. Je crois plutôt à cela qu’à la rupture absolue avec tout ce qui nous a précédés. »

L’Unedic prévoit 300.000 chômeurs supplémentaires en 2009. Le déficit budgétaire qui était à 2,1% du PIB en 2007, doit dépasser 4,4% en 2009. La dette publique qui atteignait 63,9% du PIB en 2007 pourrait atteindre 83% fin 2012 selon Philippe Seguin.
« Le Point » égraine les motifs du drame présidentiel qui se joue : La casse des ministres, l’exercice solitaire du pouvoir, trop de réformes tuent la réforme, le vrai-faux calmant de la dépense ( la paix sociale se paie et l’addition commence à se faire lourde), le contre-pied idéologique , le coût du mépris, l’usure de la communication, la culture de la provocation, le mépris des codes, l’ouverture à double tranchant et l’arrogance vis-à-vis de l’étranger.
Le Nouvel Observateur écrit au sujet de l’affaire Pérol : « Je nomme, donc je suis. Telle est sa véritable ligne de conduite. » Maurice Szafran dans « Marianne » dit : « Les copains du président, d’un dévouement à toute épreuve, sont minutieusement installés aux postes clés, ceux qui doivent permettre de tenir la France. » Il est donc urgent de retrouver un vrai débat démocratique et de sortir de cet exercice solitaire et totalitaire du pouvoir.

Cette absence de boussole se retrouve à Charleville, où la municipalité, plus sarkoziste que jamais dans son comportement, refuse tout débat et décrète que les emplois du commerce n’ont pas d’intérêt. En supprimant 500 places de stationnement, celles de la Place Ducale, ils mettent les entreprises du centre ville en danger de mort. Peu leur importe. Ils ne savent pas où ils vont, mais les habitants et les commerçants, eux, savent qu’ils risquent de devoir partir.