Rémunération des fonctionnaires en poste dans les Dom-Tom 10 ème législature Question écrite n° 19494 de M. Nicolas About (Yvelines - UC) publiée dans le JO Sénat du 19/12/1996 - page 3363

M. Nicolas About attire l'attention de M. le Premier ministre sur le régime de rémunération des fonctionnaires en poste dans les Dom-Tom. Depuis la loi du 3 avril 1950, ils bénéficient en effet d'une rémunération majorée (traitement brut multiplié par 40 % .) d'une indemnité d'éloignement (de douze à seize mois de traitement brut tous les quatre ans), de majorations familiales, des indemnités de résidence et des dispositions fort avantageuses en ce qui concerne l'impôt sur le revenu (une réduction de 30 à 40 % qui s'applique au traitement et à tous les revenus).

Calculé par les services du ministère de l'outre-mer, ces avantages représentent un surcoût annuel pour le budget de l'Etat d'environ quatre milliards de francs, répartis entre 52 000 fonctionnaires, soit environs 80 000 francs en moyenne par an et par fonctionnaire.

Au regard de la situation économique et sociale de certains de nos concitoyens en métropole et de la suppression l'an prochain des abattements fiscaux dont bénéficiaient certaines professions, cette situation est inadmissible et doit être corrigée dans le sens de la justice sociale et du civisme. Certes, la situation économique de certains Dom-Tom est à prendre en considération mais de tels niveaux de rémunérations publiques dissuade quiconque d'investir dans le secteur privé, c'est le cercle vicieux du tout public qui tue l'initiative privée et pousse les gens à l'assistanat (le nombre des " rmistes " a d'ailleurs doublé en un an, pour atteindre le nombre de 108 000 .)

Le Gouvernement se doit de corriger ce régime fiscal car la République ne peut comporter en son sein, d'un côté de fonctionnaires en métropole avec un pouvoir d'achat stagnant et remplissant parfois leurs missions dans des quartiers difficiles, les " zones grises " et, de l'autre côté dans l'hémisphère sud, " au soleil ", des fonctionnaires bénéficiant d'avantages salariaux et fiscaux non justifiés.
Il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour réformer le régime fiscal des fonctionnaires présents en outre-mer et lui demande s'il a l'intention de supprimer certains abattements à l'image de ce qu'il a fait pour certaines professions dans le calcul de leur impôt sur le revenu.

QUANT AUX FONCTIONNAIRES RETRAITES

Selon Anne-Marie Payet, sénateur de La Réunion (citée par le site Internet Sauvegarde Retraites), « ils sont chaque année près de cinq cents à se rendre à La Réunion pour y louer ou y acheter un appartement, à la seule fin de disposer d’une adresse, unique formalité indispensable à remplir pour bénéficier de l’avantage en question. Cette adresse est en général fictive, car souvent ils (…) résident en réalité en métropole. Aucun contrôle n’est effectué ».

« Il y a probablement des abus, confirme de son côté le ministre du Budget Eric Woerth sur le site Internet du quotidien gratuit 20 minutes, néanmoins c’est un sujet qu’il faut regarder en prenant en compte les spécificités des départements d’Outre mer ». Le ministre a cependant promis d’aborder à nouveau cette question à l’occasion du rendez-vous 2008 sur les retraites.

JUSQU'A CE JOUR, RIEN DE CHANGE

Indemnités temporaire de retraite Rappelons que depuis 1952, et afin de compenser des coûts de la vie plus élevés dans les territoires d’outre mer, un décret accorde aux retraités de la fonction publique civile et militaire installés à la Réunion, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Saint-Pierre-et-Miquelon des suppléments de retraite (entre 35 et 75% de plus selon les territoires). Pour en bénéficier, les fonctionnaires ne doivent pas s’absenter du territoire plus de 40 jours par an ou 80 jours tous les deux ans.