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Le Parisien (article de jannick Alimi, 01.10.2008, 07h00)

Ils conçoivent des montages financiers des plus sophistiqués dont ils ne contrôlent pas toujours les conséquences. Certains de ces « golden boys » ont contribué à alimenter la bulle de crédits douteux qui explose aujourd’hui partout dans le monde.
Ce qui ne les empêche pourtant pas de percevoir des commissions faramineuses, les fameux bonus, qui peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros.

Mais il y a mieux (ou pire) ! Ces rémunérations bénéficient, de surcroît, d’un statut fiscal particulièrement avantageux.

L’ORIGINE : une disposition introduite discrètement dans la loi de finances pour 2002. rendue possible par une circulaire du 28 mars 2002, à quelques jours de l’élection présidentielle. Laurent Fabius (PS) était alors ministre de l’Economie et des Finances.

« Il y a dans cet article comme un soupçon d’abus de droit », s’étonne Jean Arthuis, le président de la commission des Finances du Sénat, qui vient de saisir de cette question Christine Lagarde, la ministre de l’Economie.

De quoi s’agit-il ? Selon l’article 78 du budget 2002, ces commissions, qui peuvent atteindre 15 à 20 % des plus-values réalisées sur des opérations de type LBO rachat d’entreprise grâce à un fort levier d’endettement , sont assimilées à des plus-values et non, comme cela aurait dû être le cas, à des rémunérations.

Or, les conséquences financières et fiscales de ce distinguo juridique sont importantes. En effet, si le droit commun s’était appliqué, ces bonus auraient dû être intégrés aux revenus du salarié et donc taxés au taux marginal d’imposition de l’IR (impôt sur le revenu), soit, pour la plupart d’entre eux, au taux maximal de 40 %.
A ce titre, la banque qui emploie le salarié devrait aussi payer des cotisations sociales sur le montant des bonus.

Du fait que ces bonus sont assimilables à des plus-values financières, ils ne sont donc assujettis qu’à un prélèvement forfaitaire de 16 % et aux prélèvements sociaux (11 %), soit une taxation globale de 27 %. La banque, quant à elle, ne doit rien en charges sociales.

« Ce traitement privilégié entraîne un manque à gagner non négligeable pour le fisc et les caisses de la Sécurité sociale, souligne Jean Arthuis. J’ai donc demandé à la ministre de l’Economie d’y remédier au plus vite. Sinon, je présenterai un amendement à la loi de finances rectificative de 2008 ou à la loi de finances pour 2009. » L’instauration, l’an dernier, du bouclier fiscal risque, cependant, de limiter la portée d’une telle réforme