MOBILISATION DES HUMANISTES FACE A LA PENSEE UNIQUE
Par Pierre LECLERCQ le dimanche 3 août 2008, 09:14 - VIE EN SOCIETE - Lien permanent
RESUME D'UN DOCUMENT DE MR CHARLES COUTEL, PROFESSEUR DES UNIVERSITES
Que faut-il entendre par pensée unique ?
Empruntons une réponse à Alexis de Tocqueville (né à Paris le 29 juillet
1805, mort à Cannes le 16 avril 1859, penseur politique, historien et écrivain
français). « La pensée unique est le risque permanent dans les temps
démocratiques, de voir la tyrannie de la majorité s’allier à la tyrannie de
l’incompétence. » C'est-à-dire : tout avis majoritaire peut
désespérer l’avis minoritaire. Celui qui est de l’avis majoritaire pense avoir
raison… parce qu’il est dans la majorité ! Or, une opinion majoritaire
peut-être dangereuse si un débat raisonné entre les citoyens n’est pas mené. On
peut-être majoritaire et être dans le faux et l’oubli du bien commun. Le
conformisme guette tout régime politique qui préfère la gestion à courte vue, à
la réflexion et l’action à court terme.
En république, la raison commune publique critique l’opinion
spontanée grâce à l’instruction du peuple et le débat continuel entre les
citoyens. Le développement d’une « pensée unique » indique
un affaiblissement de cette vigilance. Il n’y a pas de progrès sans un
débat contradictoire entre citoyens éclairés comme le préconise la philosophie
humaniste.
Ce conformisme grégaire s’accélère dans nos démocraties pour deux raisons
:
1-L’hégémonie des moyens de communication de masse qui ne prennent pas le temps
de vérifier leurs sources.
2-La mondialisation des échanges, qui ne veut pas voir ses effets à long terme
(économisme à courte vue).
Exemple : un avis instantané, spontané, et sa diffusion immédiate
fonctionnent comme facteur de vérité et s’imposent comme un fait dogmatique et
irréversible.
Le fait de ne voir le danger d’une information que lorsqu’il est déjà trop tard
pour s’en prémunir est appelé : paradoxe de la furtivité » par P.
Virilio (comme l’avion furtif). La pensée unique serait donc une pensée
furtive.
Exemple : la manipulation médiatico-commerciale qui nous impose cette
prétendue " fête" d’Halloween.
Dans cet exemple, il s’agit d’assurer la jonction entre les soldes et les fêtes
et là, des évidences nous ont été imposées en masquant les provenances. La
prise en compte de la vérité et de l’intérêt général est oubliée.
Bachelard propose la réflexion suivante dans la formation de l’esprit
scientifique : Il vient un temps ou l’esprit aime mieux ce qui confirme
son savoir que ce qui le contredit, où il aime mieux les réponses que les
questions. Alors l’instinct conservatif domine, la croissance spirituelle
s’arrête.
On comprend que la pensée unique soit l’élément central d’une logique de destitution (opposée à l’institution) :
Destitution du citoyen en simple électeur.
Destitution sociale du travailleur salarié en employé précarisé.
Destitution intellectuelle de l’élève en jeune.
Destitution du retraité en « boursicoteur. »
Destitution de la transmission historique en communication amnésique.
Destitution du cultivé en culturel.
Destitution du droit à l’histoire en « devoir de mémoire »
Moteur d’amnésie, pacte avec l’ignorance, maquillée en spontanéité, cette
pensée rompt avec la culture générale et politique du passé grâce à laquelle
les citoyens forment leur jugement et coupent avec les préjugés d’une
époque.
La philosophie humaniste, école d’espérance et de perfectibilité,
s’oppose au fatalisme de la pensée unique. Les humanistes savent et
sauront toujours lutter contre le conformisme, symptôme du fatalisme, premier
signe d’un possible « intégrisme » de cette médiocrité
dogmatique.
Cette pensée unique repose sur un accord passif des esprits et non sur un
accord raisonné, actif et consenti, qui est le ressort profond de la
perfectibilité humaniste. L’humanisme entrave donc la pensée unique parce qu’il
entend réinstituer ce qui se destitue.
Le chantier est immense mais les membres du MODEM possèdent les
outils et sauront toujours être les vigies de la raison.
Le philosophe Alain écrivit le 23 janvier 1934 : « Sur toute
question ne reconnaître qu’un devoir, qui est de rechercher toute la vérité, et
de la rendre publique, sans aucun égard pour les puissants. »
SI VOUS VOULEZ LAISSER UN COMMENTAIRE, CLIQUEZ SUR LE LIEN CI DESSOUS